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Le chef des vendeurs m'a mis à une autre place, en pleine ville, dans une rues des plus commerçantes. D'abord devant un grand magasin. Puis j'ai dû glisser sur le côté, car certains vigiles me chassaient. Pa méchamment, juste en grognant avec un geste vague, celui qu'on fait pour éloigner une mouche déjà partie. Je n'ai jamais compris si j'avais le droit d'être là. Certains jours c'était oui, certains autres c'était non. Allez savoir ! De fait, je n'ai rien perdu. Je me suis rapproché d'une boulangerie-pâtisserie et c'est là que l'aventure a commencé. Les mamies m'aiment bien et souvent, quand elles sortent de la boulangerie, elles me donnent des gâteaux, des croissants, des pains au chocolat et même des choux à la crème. C'est bien, mais il y a deux inconvénients : j'ai grossi et j'ai dû me racheter un pantalon, ce qui n'est pas une mince affaire... pour mon porte-monnaie ; ensuitez les choux, ce n'est pas très pratique à manger en pleine rue, avec des journaux sur le bras. On risque d'en salir quelques uns, mon unique gagne-pain ! Une des mamies, en particulier, m'avait pris en sympathie. Elle était toujours bien mise et s'appuyait sur une canne à pommeau d'argent.
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